Ateliers de prospection agricole

Dans le cadre du projet Leselam, le Brgm a engagé une prospective agricole visant à (i) favoriser la prise de conscience par les acteurs du territoire du risque Erosion des sols et (ii) à explorer diverses stratégies de développement durable de l'agriculture mahoraise.

La démarche participative s'est appuyée des scénarios contrastés, mis en débat au sein de groupes de travail, réunissant des agriculteurs, des représentants syndicaux, des conseillers agricoles et des acteurs institutionnels. La série d’ateliers de prospective organisés du 18 au 26 février 2020 par le Brgm et ses partenaires se propose d’engager une réflexion collective sur l’évolution future de l’agriculture et son impact sur les sols.

Méthode

La méthode retenue consiste à mettre en débat un nombre limité de scénarios narratifs qui décrivent chacun une évolution possible de l’agriculture à Mayotte.

Ces scénarios, présentés sous forme de coupures de presse fictives, ont été construits en s’appuyant sur la vision que certains acteurs ont de l’avenir de leur territoire (entretiens réalisés par le Brgm). La vocation de ces scénarios est de faciliter l’engagement des participants aux ateliers dans une réflexion prospective. L’objectif est d’identifier quelques grands principes susceptibles de fonder une stratégie de développement d’une agriculture capable de protéger durablement ses sols et les autres ressources naturelles dont dépend son avenir à long terme.

Le deuxième scénario décrit le succès d'une politique qui accompagne le développement d’une petite agriculture familiale tournée vers l’agroforesterie. Ce scénario suppose que la priorité des pouvoirs publics est triple : (i) maintenir le plus grand nombre possible d’agriculteurs, (ii) tout en leur donnant les moyens de dégager des revenus et (iii) en visant le maintien d’une forme d’agriculture compatible avec la protection des ressources naturelles (eau, sol, forêt)

Le premier scénario, intitulé « Jusqu’à l’épuisement des ressources » suppose que les problèmes auxquels l’agriculture est confrontée en 2020 se maintiennent jusqu’en 2035, empêchant le développement d’une agriculture professionnelle, performante et tournée vers le marché.

Le troisième scénario suppose que la priorité des pouvoirs publics est d’attirer les investissements et de favoriser le développement d’une agriculture entrepreneuriale et modernisée, capable de répondre à des marchés importants dont le développement est inéluctable à l’horizon 2035 (ex. restauration collective).

Résultats

A l’issue des débats, une vision relativement consensuelle émerge : l’agriculture de Mayotte ressemblera certainement, en 2035, à une combinaison de ces trois scénarios. Certains des problèmes évoqués dans le scénario 1 auront été résolus, mais d’autres subsisteront tel que la difficulté d’accès au foncier. Plusieurs types d’exploitations cohabiteront certainement : une agriculture de subsistance (telle que décrite dans le scénario 1, qui continuera de remplir différentes fonctions sociales), une agriculture familiale performante, tournée vers l’agroécologie (telle que décrite dans le scénario 2), et une agriculture capitaliste (scénario 3), capable de répondre à la demande de marchés spécifiques.

 

Les scenarios finalisés ont alors permis de réaliser à partir de conditionnalités 3 cartes d’occupations à l’horizon 2035, qui permettront d’évaluer l’impact sur l’érosion des sols de ces trois scenarios.

 

Le rapport d’étape et le film reprennent l’ensemble de l’approche prospective

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